Caramba! Encore une semaine sans poster! Désolé,
j'étais en fait occupé à faire mon touriste et
à me réinstaller dans mon petit chez-moi qui n'a heureusement pas
bougé depuis mon départ. J'en ai profité pour me
rééquipper un peu afin de faire la cuisine plus souvent.
Grande décision, finis les bentos du combini et les Yoshinoyas,
maintenant la cuisine à la maison sera la règle et non
plus l'exception. Du coup je me suis acheté un nouvel
autocuiseur à riz pour remplacer celui que j'avais payé
1000Y chez un Chinois d'Akiba. Et oh surprise, contrairement à
l'autre il prépare un riz parfaitement cuit, qui ne colle jamais
au rebord et se programme pour me réveiller au doux parfum du koshihikari. Tout de suite,
ça donne plus envie!
Depuis mon retour, j'ai donc fait le touriste. Je suis notamment
retourné à Kamakura,
et c'est là que la
beauté du lieu m'a enfin sauté aux yeux, et ce pour une
raison très simple: il n'y avait que très peu de
touristes. Alors d'accord, c'est pas très malin de se plaindre
des touristes quand on en est soi-même un, mais il n'en reste pas
moins vrai qu'un temple, ça ne peut guère
s'apprécier
dans le bruit! Les belles structures en bois, l'intégration
dans la nature, l'ambiance calme et relaxante, tout ce travail ne peut
pas vraiment se remarquer quand on se trouve dans la foule. En dehors
des quelques Japonais qui ne travaillaient pas ce jour-là, il y
avait aussi des écoliers en field-trip
qui venaient visiter leur
patrimoine. Amusante expression de l'obsession nippone à savoir
parler anglais, ils avaient également pour mission d'interviewer
les étrangers présents avec quelques questions simples en
anglais et de recueillir leur signature. Du coup j'ai signé
quelques autographes.
Frustrante réaction d'étonnement
lorsque j'ai discuté un peu en japonais avec eux, il
leur était inconcevable qu'un étranger parle japonais
(déjà que j'étais pas américain, ça
a fini de les scier
). Eh, amis Japonais! Faites plutôt
sortir vos
enfants de leur île si vous voulez qu'ils comprennent un peu le
monde!
Enfin, passons plutôt aux temples proprement dits, à
quelques uns seulement puisqu'il y en a bien plus que les trois que
j'ai visités ce jour-là. L'entrée dans les temples
bouddhistes est payante (évidemment
) mais vaut franchement le
coup. Le Enkaku-ji, le plus proche de la charmante petite gare de
Kita-Kamakura, nous plonge déjà dans l'ambiance: dans un
coin un peu reculé, des archers s'adonnent au Kyudo.
La porte principale (Sanmon),
reconstruite il y a 200 ans, en jette aussi particulièrement.
Une fois ce monstre de bois passé, on profite de
l'arrangement des lieux: c'est très beau et très calme.
Étudié pour sembler naturel, mais extrêmement
réfléchi. Les écoliers travaillent dur à
leur chasse au Gaijin, rendue
difficile par la faible affluence. Un petit jardin floral qui ne
paye pas de mine révèle un chemin menant vers une hauteur
d'où une statue de Bouddha veille sur le cimetière
où résident les moines décédés.
Les vivants ne sont pas en reste puisque les demeures des moines,
trahies par leurs boîtes aux lettres, ont l'air plutôt
agréables à vivre. Je commence à comprendre la
frustration qu'ont certains Japonais sur les très bonnes
relations qu'entretiennent les moines bouddhistes avec l'argent.
Il
n'y a qu'à voir leur sens du business (boudhiness?) - autant que
je me souvienne, je n'ai jamais payé pour entrer dans un temple
Shinto.
Le Enkaku-ji est également connu pour héberger ce qui
serait une des dents de Bouddha (vous savez, le sage qui avait
demandé qu'on ne fasse pas le culte de sa personne après
sa mort), ainsi qu'une cloche classée trésor national.
Mais au final, c'est rien d'autre qu'une grosse cloche... 
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